Kawan, l'histoire d'un artiste.

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Kawan, l'histoire d'un artiste.

Message  Kawan le Dim 24 Mai 2009 - 15:42

Une nouvelle poignée d'âmes arrivèrent dans le monde des Douze, et ça n'avait rien d'extraordinaire : certaines personnes naissent, d'autres s'incarnent. Parmi ces âmes se trouvait Kawan. Il n'avait apparemment rien d'extraordinaire, lui non-plus ; légèrement plus petit que certains, légèrement plus grand que d'autres. Il essayait de s'acclimater à cette nouvelle dimension, comme un bébé, en quelque sorte...

La chaleur était pesante, et peu à peu les âmes autour de lui choisissaient un Dieu, chacune leur tour elles allaient oublier en partie leur vie d'âme et devenir des aventuriers comme les autres, mêlés à ceux qui étaient nés de manière plus "naturelle" (bien que la naissance d'une âme n'ait rien de surnaturel). Très vite, au bout de quelques mois, Kawan se retrouva tout seul. Il n'avait encore vu aucun Dieu, et se contentait de se promener sans but précis dans cette plaine à l'atmosphère lourde.

Plusieurs années passèrent, et Kawan eut vite fait de connaître par cœur le monde qui l'entourait. La solitude s'emparait chaque jour un peu plus de lui ; les âmes peuvent voir les gens, mais ce n'est pas réciproque. Il était comme un spectateur qui attendait d'être choisi pour monter sur scène. Mais ce moment n'arriva pas... pas avant plusieurs années.

C'est ainsi que pendant près de deux siècles, l'âme déambula dans le Monde des Douze . Je ne ferai pas de description détaillée de ce qu'il vécu, je vais résumer ça en un seul mot :
Errance.


Pourtant un jour, alors qu'il faisait une énième fois la trounée des temples et qu'il en était à celui de la Déesse Féca, une magnifique jeune femme se présenta à lui. Elle avait une certaine aura, et sa voix résonnait dans le "cerveau" -bien qu'une âme n'ait pas vraiment de cerveau- d'une manière agréable, chantante.

- Kawan, que fais-tu encore là, derrière la Vitre du Monde ? lui demanda la femme.
- La quoi ? Et qui êtes-vous, vous pouvez me voir ?!
- Bien sûr que je peux te voir ! lui répondit-elle en riant. Je suis la Déesse Féca !
- Ah.. Enchanté Madame.
- Bon, c'est pas tout mais ça fait 194 ans que tu ne fais rien. Tu pourrais mourir si tu restes trop longtemps sous cette forme primitive ! Choisis ton Dieu et passe la Vitre.
- Mais c'est quoi la Vitre ?! Et je connais pas de Dieu, moi...
- La Vitre, c'est un nom que l'on donne à la barrière qui sépare le monde des âmes de celui des gens dits "normaux". C'est cette vitre qui empêche les gens de te voir. Pour ce qui est des Dieux, je t'ai dit que j'étais la Déesse Féca, et tu n'as pas besoin de connaitre un Dieu en personne pour le choisir...
- Alors... je voudrais être disciple Féca. Faire de la protection ma force et du bouclier mon arme !
- Viens, maintenant, viens vers moi...

Et Kawan s'exécuta, il vint vers la Déesse sans jamais pouvoir la toucher, et lorsqu'il traversa la vitre, le choc fut énorme. Il avait un un poids, et c'était la première fois. Il se sentait horriblement lourd, et bien sûr, il s'écrasa par terre au moment où il entra dans le monde. Il se redressa sur ses nouvelles jambes en s'aidant de ses nouveaux bras, tenta tant bien que mal de redresser sa tête et se retrouva debout, pour la première fois de son existence il était debout. Il regarda autour de lui pour chercher Féca, mais elle n'était plus là. Enfin, il tituba pour retourner dehors, et sentit le vent sur son nouveau visage ; il ferma les yeux de bonheur et sourit.

Les quelques mois qui suivirent furent une nouvelle errance. Il tua des centaines de monstres pour s'entrainer, mais ne se décidait pas. Fallait-il qu'il augmente sa force, qu'il travaille son agilité, qu'il fasse travailler son intelligence ou qu'il renforce la notion de chance ?
Cette réponse lui fut donnée lorsqu'à son 31ème cercle, il découvrit une nouvelle façon de se battre. Il pouvait générer des Bulles de la taille de sa tête et les projeter sur ses adversaires. Pas très efficace au début, il améliora sa technique et fut bientôt capable d'utiliser ces balles aqueuses de différentes manières : il pouvait combattre, jouer, et même jongler.

Un soir, alors qu'il s'entrainait à la taverne, comme tous les soirs, à jongler avec une dizaine de bulles, un client s'approcha de lui.

- Psssst ! Petit ! Ca te dirait un ptit boulot ?!
- Euh... Je sais pas, c'est quoi comme travail ? demanda Kawan.
- Ben moi j'te paye, et toi tu jongles. Clair, net, efficace, et t'y gagnes.
- Vous me payeriez combien ?
- Oh, environ 10 kamas par soir, ça t'va ?
- Non, ça ne me va pas du tout. 10 kamas c'est rien du tout !

C'est alors qu'une idée frappa l'esprit de Kawan. Il en fut tellement troublé qu'il en oublia les multiples bulles qui voltigeaient autour de lui, ce qui mouilla tout le sol de la taverne. Il ne fit pas attention au hurlement de colère du tavernier, ignora la disciple de Xelor qui courrait de la taverne en sortant, pour laisser ses bandelettes au sec.
Il allait devenir riche, il savait comment s'y prendre. Ses numéros plaisaient, apparemment, et il pourrait gagner sa vie en organisant des petits spectacles dans les lieux fréquentés du Monde des Douze. Ces endroits il les connaissait bien, il s'y était rendu plusieurs fois par an, et ce pendant plus de deux siècles...

C'est ainsi que la renommée vint au jeune féca, qui était désormais surnommé Oo-Kawan, les "O" représentant les bulles avec lesquelles il était si habile.
En très peu de temps, les gens se retournaient en croisant Kawan, ils souriaient quand ils le voyaient jongler ; il était devenu une star du spectacle. Il était demandé partout, pour des sommes de kamas plus avec pas mal de zéros.

Pourtant un soir de Joullier, alors que Kawan était entrain de faire son fameux numéro à 15 bulles dans la taverne d'Amakna, un vieil ivrogne entra et, après avoir commandé une choppe de bière de taille bien conséquente, il planta son regard dans celui du féca et applaudit plus fort que tous les autres clients réunis.

Interpelé, le jongleur arrêta son numéro et vint s'asseoir à la table de l'homme étrange. Il était habillé en jaune et rouge, et portait un grand chapeau pointu. Ses cheveux longs et en batailles lui donnaient une étrange ressemblance avec un Maître magicien.

- Qui êtes-vous ? lui demanda Kawan, tentant tant bien que mal d'engager une discussion.
- Je m'appelle Leonzi, petit. Leonzi Trool !! Et ouais, comme la créature qui vit dans la Plaine de Cania !!
- Ah.
- Tu sais, j'voudrais créer une Foire. Une grande Foire. Les gens s'y amuseraient beaucoup, ça serait rigolo, hein ?!
- Euh, oui.. Mais où comptez vous monter un truc pareil ? Et ça coùte cher en plus...
- Héhé, si t'acceptais de te joindre à moi, tu pourrais financer une partie du projet !! Et j'ai de l'argent moi aussi, de toute manière. Pour le lieu, j'avais pensé que ça serait marrant de la faire sur le territoire des Trools.
- Qu... quoi ?! Mais vous êtes totalement cinglé !
- Ils aiment pas l'eau... Pas du tout. Tu pourrais les chasser, avec tes bulles.
- Bon, j'veux bien essayer, ça peut être "rigolo", comme vous dites...


C'est ainsi que Kawan s'engagea aux côtés de Leonzi Trool, pour l'aider à monter son projet fou. Il chassa les Trools qui durent fuir à contrecœur dans le bois de Litneg et il aida Leonzi à trouver d'autres compagnons. Une fois qu'ils eurent rassemblé assez de troubadours, ils commencèrent à créer la Foire, à poser les barrières, établir le tarif d'entrée qui était à l'époque de 100 kamas et à concevoir quelques attractions.

Pendant plusieurs mois, la Foire était la nouveau lieu incontournable du monde des Douze. On prétendait même que les Dieux y passaient régulièrement, ce qui était totalement faux, ou en tout cas invérifiable, si on connaissait l'existence de la Vitre du Monde.

Seulement tout ne se passa pas comme Leonzi l'avait prévu. La foire était trop éloignée de Brakmar et d'Astrub, séparée de Bonta par le bois de Litneg et ses monstres géants et était surtout perdue au milieu des hordes de Kanigrous qui attaquaient régulièrement les visiteurs, voire les attractions (les Kanigrous étant omnivores et pouvant se nourrir de Blops, l'attraction "Mémoire de Blop" était la plus touchée).
Les clients se firent de plus en plus rares mais malgré tous ces malheurs, l'équipe de départ restait soudée et continuait d'honorer la promesse qu'elle s'était faite : animer la Foire du Trool ; et donc la protéger.


Mais une nuit d'hiver, après trois semaines sans la moindre visite du site, les troubadours virent s'approcher des dizaines de lanternes. Des lumières s'animaient dans la brouillard de la plaine de Cania. Des hommes encapuchonnés tenaient ces lanternes.
Alors que ces étranges visiteurs nocturnes étaient à une centaine de mètres de la foire, Faur Inkaisse (chargé de vendre les tickets d'entrée de la foire) hurla :
"Attentions aux Kanigrous, ils sont derr..."
Alors que quelques individus décapitaient la meute de Kanigrous qui leurs avaient sauté dessus, celui qui semblait être le meneur des hommes à capuche se glissa derrière Faur et l'assomma d'un coup sec, ne lui permettant pas de finir sa phrase.
Kawan, qui avait vu toute la scène avec ses amis, ne put pas retenir sa colère et hurla quelques injures que je ne vous transmettrai pas.
Leonzi et ses compagnons passèrent donc à l'attaque, ou plutôt à la défense, puisque les inconnus avaient déjà lancé l'assaut. Malheureusement, les artistes n'étaient pas très bons au combat, et leurs ennemis semblaient surentrainés ; si bien que très vite, tous les employés et l'équipe principale de la foire étaient hors combat, certains morts, d'autres gravement blessés.
Seul Kawan, qui maitrisait suffisamment les bulles pour se défendre, tenait encore difficilement sur pieds ; mais la trentaine d'ennemis qui était encore en combat ne lui laissait aucune chance de s'en sortir. Il jura donc, regrettant de na pas pouvoir faire mieux, et laissa la douleur s'emparer de son corps ; il s'effondra.
Les derniers mots qu'il entendit furent ceux-ci : "Nous aimons le chaos, détruisons ce que nous voulons, n'obéissons à personne. Si vivre libre t'intéresse alors rejoins nous."

Le lendemain, seuls Leonzi, Kawan et quelques employés se relevèrent. Après mure réflexion Kawan quitta la Foire, décision prise aussi par celui qui était désormais son seul ami : Leonzi.
La première chose qu'il fit fut de laisser tomber le monde du spectacle pour se diriger vers le combat pour pouvoir protéger ses compagnons. Mais se rendant compte que la chance et la beauté ne suffisaient pas, il oublia sa maitrise de l'eau pour se tourner vers celle du feu et faire ce que font tous les fécas : protéger leurs alliés.

Il recommença donc à frapper divers monstres, jusqu'à ce qu'il estime que son pouvoir de protection était suffisamment important. Lorsque ce but fut atteint, il fut frappé par la réalité : la monotonie allait recommencer à s'installer...
Il entendit parler d'un clan de mercenaires, et se dit que ça ne coutait rien de se renseigner. Il le fit et réussit tant bien que mal à intégrer les Stères...

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Re: Kawan, l'histoire d'un artiste.

Message  Kawan le Ven 2 Juil 2010 - 1:28

Jidelor 1er Joullier 640, aux alentours de 20h, dans la cave du Quartier Général d'Astrub.


Voilà trois jours que Kawan avait tout planifié. Trois jours qu'il avait cherché, réfléchi, innové pour habituer son corps à un brusque changement. Désormais il attendait que Myrabelle revienne à Astrub pour lui faire part de ses projets. C'est à la cave qu'il la trouva, seule. Profitant de cette occasion il lui dit, et ne s'étonna pas de la voir refuser. Il insista, tentant de montrer tant bien que mal que ce qu'il lui demandait était planifié et réfléchi, même s'il n'y connaissait finalement pas grand chose.


Deux heures plus tard, dans le Quartier Général des Plaines de Cania


Myrabelle mit Kawan en garde, une fois de plus, et il lui assura qu'il était décidé à le faire, une fois de plus. Ne pouvant pas refuser, et sachant surement qu'il allait la harceler jusqu'à ce qu'elle accepte, elle lui expliqua les bases le prévint que ça ne serait pas agréable, voire même carrément douloureux. Encore confiant et comptant sur ses armures, Kawan ignora presque cette remarque. Ils se mirent en route.


Une demi-heure plus tard, Salle des Rituels de la Tour de Gisgoul


Kawan suivit les instructions données par Myrabelle, qui arborait désormais un sourire narquois et légèrement sadique, et se coucha sur l'autel en pierre qui était déjà ruisselant de sang. L'écaflipette prit le bras du féca, y planta une dague et ouvrit une plaie profonde. Elle se coupa ensuite le doigt, qu'elle pressa contre la blessure. Dès lors, Kawan sentit une vive douleur dans son bras, montant jusqu'à son crâne qu'il crut sentir imploser. Le bandage que lui fit Myrabelle ne fit qu'augmenter la douleur. Il était maintenant brulant et convulsait, comme un pauvre insecte plongé dans une bassine d'huile bouillante. Il bavait, secouait les bras et les jambes, se tapait l'arrière de la tête contre la pierre et hurlait, tentant de résister au mal qui s'emparait de son enveloppe corporelle. Myrabelle lui ordonna plusieurs fois de se calmer et de cesser de se débattre, mais ce n'est que lorsqu'elle l'arrêta de force qu'il put désactiver l'intégralité de ses réflexes fécas, qui faisaient résistance. Il hurla de nouveau, sentant la douleur comme il ne l'avait jamais sentie : réelle. Après plusieurs minutes de souffrance infinie, il se calma de nouveau en même temps que le mal, qui semblait s'apaiser. Très vite, seule sa respiration bruyante témoignait encore de ce qu'il avait vécu. Sa respiration bruyante, mais aussi sa peau pâle et froide, son poul lent et surtout ses nouveaux crocs, pointus et tranchants comme des dagues.
Kawan était un Vampyre, enfin.

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Re: Kawan, l'histoire d'un artiste.

Message  Kawan le Jeu 16 Sep 2010 - 21:13

Glaciation cardiaque.

"Un cœur ça ne peut pas se briser, je vous jure.
C'est trop mou, trop résistant et trop protégé.
Mais si ledit cœur s'avère être fort impur,
Et que pour une' quelconque' raison il est gelé...
Alors, froid comme la glace et dur comme une roche,
Il peut être brisé d'un simple coup de pioche.
"


Les ténèbres... la solitude... l'alcool... le froid... les frissons... la solitude... les spasmes... les courbatures... les tremblements... la solitude... la solitude... la solitude... les ténèbres.
Un mur de glace se façonnait entre les côtes de Kawan, un mur qui le protègerait d'une maladie qu'il soupçonnait désormais d'être mortelle. Il ne voulait plus aimer, et n'avait rien trouvé de mieux que de se servir du froid pour contrer la chaleur humaine.

Jidelor 16 Septange 640, environ 21h.

Spoiler:
Pour moi c'est l'heure de foutre à la poubelle
Mon cœur glacé et pour de bon,
C'est le crane serti d'étincelles
Que je viens donner ma démission.

Allez les oiseaux de mon corps,
Fermez vos belles gueules à passion
Les accidents d'amour à la pelle
Ne m'ont pas toujours donné raison.

[HRP] Très très très fortement inspiré de "Tais-toi mon coeur", de Dionysos [/HRP]

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